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Régler OBS Studio pour enregistrer une vidéo sur un portable AMD

Christophe TREMBLAY-GUILLOUX
Christophe TREMBLAY-GUILLOUXIngénieur système Linux

Les réglages par défaut d'OBS Studio conviennent à la diffusion en direct, pas à l'enregistrement d'un fichier destiné au montage. Un débit plafonné, un conteneur mal choisi et un niveau micro trop bas passent inaperçus à l'écran, puis se paient au montage et à la publication.

Ce mémo donne les valeurs à saisir pour enregistrer une vidéo commentée, visage incrusté sur des diapositives, sur un portable AMD Ryzen sous Linux. Chaque réglage est vérifié par une mesure sur le fichier produit.

ÉlémentValeur
ProcesseurAMD Ryzen 7 PRO 8840HS, 16 fils d'exécution
Carte graphiqueRadeon 780M, nom VAAPI Phoenix3
SystèmeUbuntu 24.04
Serveur audioPipeWire 1.0.5 avec la couche pipewire-pulse
OBS Studio32.2.0

Dans Paramètres puis Sortie, passez le Mode de Sortie sur Avancé et ouvrez l'onglet Enregistrement.

ChampValeur
TypeStandard
Format d'enregistrementMP4 hybride (.mp4)
Encodeur vidéoFFmpeg VAAPI H.264
Encodeur audioFFmpeg AAC
Piste audio1
Mise à l'échelle pour la SortieDésactivé

Le format hybride écrit le fichier en fragments pendant l'enregistrement, puis le finalise en MP4 standard à l'arrêt. Vous obtenez un fichier ordinaire, lisible par n'importe quel logiciel de montage, tout en restant protégé si OBS s'interrompt en cours de prise.

Le MP4 fragmenté, lui, reste fragmenté définitivement. C'est un format de diffusion, à la base de DASH et HLS. Les navigateurs le lisent, les logiciels de montage beaucoup plus inégalement.

Cochez une seconde piste audio uniquement si vous enregistrez plusieurs sources sonores et voulez pouvoir les rééquilibrer séparément au montage. Avec un micro seul, les deux pistes seraient identiques.

Résultat attendu : le champ Format d'enregistrement affiche MP4 hybride (.mp4).

Plus bas dans le même onglet, sous Paramètres de l'encodeur :

ChampValeur
Appareil VAAPIPhoenix3
ProfilHigh
NiveauAuto
Contrôle du débitCQP
QP18
Intervalle d'images clés1 s
Nombre maximal de B-frames2

Le mode CQP vise une qualité constante et donne les bits là où la scène en a besoin. Le mode CBR, proposé par défaut, est un réglage de diffusion en direct : il plafonne le débit pour tenir dans une bande passante que vous n'avez pas ici.

Un QP de 18 produit environ 2 200 kb/s sur des diapositives peu animées, contre 1 500 kb/s à QP 22. Le fichier double de poids, ce qui est sans importance pour un intermédiaire de montage, et vous n'empilez pas les pertes avant le ré-encodage de la plateforme.

L'intervalle d'images clés à 1 seconde place une image de référence toutes les 30 images en 30 images par seconde. Vos coupes au montage tombent plus précisément.

Résultat attendu : le champ Contrôle du débit affiche CQP et le champ QP affiche 18.

Dans Paramètres puis Vidéo :

ChampValeur
Résolution de base1920x1080
Résolution de sortie1920x1080
Valeurs FPS30

Les deux résolutions doivent être identiques. Toute différence introduit un redimensionnement inutile qui adoucit le texte de vos diapositives.

Dans Paramètres puis Audio, section Périphériques audio globaux :

ChampValeur
Audio du BureauDésactivé
Audio du Bureau 2Désactivé
Micro/Auxiliairevotre micro

Section Général :

ChampValeur
Fréquence d'échantillonnage48 kHz
CanauxMono

Un micro casque ou un micro USB produit un signal mono. Enregistré en stéréo, il est simplement dupliqué sur deux canaux identiques, ce qui double le poids de la piste sans rien apporter.

Laissez l'audio du bureau désactivé tant que vous ne filmez pas de démonstration sonore. Actif, il capte les notifications du système et tout ce qu'un onglet de navigateur décide de jouer. Le jour où vous en avez besoin, ajoutez une source Capture de sortie audio (PulseAudio) dans la seule scène concernée, plutôt que de le réactiver globalement.

Le gain se prend le plus tôt possible dans la chaîne, là où il coûte le moins de bruit.

Ouvrez pavucontrol, onglet Périphériques d'entrée, et réglez votre micro sur 100 %. En ligne de commande :

sh
pactl get-source-volume @DEFAULT_SOURCE@
pactl set-source-volume @DEFAULT_SOURCE@ 100%

Ne dépassez jamais 100 %. Au-delà, il ne s'agit plus de gain matériel mais d'une amplification numérique qui remonte le souffle en même temps que la voix.

Le curseur de volume de la source dans le mixeur d'OBS reste à 0,0 dB. Ce curseur sert à doser une source par rapport aux autres, pas à rattraper un niveau d'entrée. S'en servir comme gain vous empêche de savoir quel étage fait quoi le jour où vous devez diagnostiquer.

Parlez ensuite normalement et lisez le VU-mètre du mixeur. L'échelle d'OBS est verte jusqu'à -20 dBFS, jaune de -20 à -9, rouge au-dessus de -9. La saturation n'arrive qu'à 0 dBFS, quand la barre bute contre l'extrémité droite. Votre cible est -6 dBFS : elle est dans le rouge, et c'est normal.

Résultat attendu : la barre entre dans le rouge sans jamais atteindre l'extrémité droite.

Clic droit sur la source micro dans le mixeur, puis Filtres. L'ordre compte, chaque filtre reçoit la sortie du précédent.

OrdreFiltreRéglages
1Noise Gatedésactivé
2Suppression du bruitRNNoise
3Gainà étalonner, voir ci-dessous
4Compresseur vers le hautRatio 0,5:1, Seuil -16 dB, Attaque 10 ms, Relâchement 50 ms, Gain en sortie 0 dB, Largeur du coude 10
5LimiteurSeuil -3 dB, Relâchement 60 ms

Pour régler le Gain, désactivez temporairement le compresseur et le limiteur, mettez le gain à 0 dB, parlez normalement et relevez le pic atteint. La valeur à saisir est alors -6 moins le pic observé : un pic à -19 dBFS demande +13 dB, un pic à -12 dBFS demande +6 dB.

Le compresseur vers le haut remonte les passages faibles vers le seuil. C'est un outil de régularité, pas un outil de niveau : s'il doit fabriquer 7 dB parce que le gain est absent, il tasse la dynamique de votre voix. Réglez le gain d'abord, la compression ensuite.

Le Noise Gate reste désactivé. Sur un micro correct, RNNoise suffit, et une porte mal réglée coupe les fins de phrases.

Résultat attendu : en parlant normalement, le VU-mètre vit entre -12 et -6 dBFS.

Enregistrez dix secondes en parlant normalement, puis mesurez le fichier.

Types d'images, pour confirmer que les B-frames sont actives et que l'intervalle d'images clés est bien d'une seconde :

sh
ffprobe -v error -select_streams v -show_entries frame=pict_type \
-of csv=p=0 enregistrement.mp4 | sort | uniq -c

La sortie doit contenir une ligne B. Sans elle, le réglage n'a pas été pris en compte.

Structure du conteneur, pour confirmer que le format hybride a bien finalisé le fichier :

sh
ffprobe -v error -show_entries format=format_name -of csv=p=0 enregistrement.mp4
mediainfo enregistrement.mp4 | grep "Writing application"

L'application d'écriture doit afficher OBS Studio, et non Lavf, qui signalerait le muxeur FFmpeg du format fragmenté.

Niveau sonore :

sh
ffmpeg -hide_banner -nostats -i enregistrement.mp4 \
-af ebur128=peak=true -f null - 2>&1 | tail -20

Sur une prise correctement étalonnée, le pic vrai se situe entre -3 et -1 dBFS et la sonie intégrée entre -20 et -16 LUFS.

Recherche de saturation :

sh
ffmpeg -hide_banner -i enregistrement.mp4 \
-af "astats=measure_perchannel=none" -f null - 2>&1 | grep -E "Flat factor|Peak level"

Un facteur de platitude à 0 signifie qu'aucune série d'échantillons n'a été écrêtée.

Résultat attendu : une ligne B dans les types d'images, OBS Studio en application d'écriture, et un facteur de platitude à 0.

Le fichier produit par OBS est un master destiné au logiciel de montage, pas un fichier de publication. Il n'est jamais envoyé tel quel à une plateforme.

Deux réglages des étapes précédentes existent pour cette raison. L'intervalle d'images clés d'une seconde donne un point d'entrée toutes les 30 images, ce qui rend la navigation dans la timeline plus fluide et les coupes plus précises. Le QP de 18 laisse de la marge : le montage réencode, et un master déjà dégradé ne se rattrape pas.

Ne cherchez pas non plus à atteindre -14 LUFS dans OBS. C'est la cible de normalisation des plateformes de diffusion, et elle s'applique au fichier final, pas à la matière première. OBS doit livrer un signal sain, non saturé, avec un peu de marge sous 0 dBFS pour que le montage puisse travailler.

Votre logiciel de montage exporte un fichier prêt à publier. C'est celui-là qu'on normalise, et seulement lui.

L'opération ne touche pas à l'image. En copiant le flux vidéo tel quel, vous ne réencodez que l'audio et vous évitez une génération de perte sur la vidéo :

sh
ffmpeg -i montage.mp4 -af loudnorm=I=-14:TP=-1:LRA=11:print_format=summary -f null -

Cette première commande mesure et n'écrit rien. Reportez les quatre valeurs relevées dans la seconde :

sh
ffmpeg -i montage.mp4 -c:v copy \
-af loudnorm=I=-14:TP=-1:LRA=11:measured_I=…:measured_TP=…:measured_LRA=…:measured_thresh=… \
-c:a aac -b:a 192k -movflags +faststart publication.mp4

Le -c:v copy est le point important : la vidéo est recopiée octet pour octet, sans réencodage.

Une seule passe fonctionne aussi, sans les paramètres measured_, mais gère mal les variations de niveau au fil de la vidéo.

Résultat attendu : la sonie intégrée mesurée sur publication.mp4 est proche de -14 LUFS et le pic vrai ne dépasse pas -1 dBFS.

Le gain d'entrée se déplace tout seul. Le traitement WebRTC des navigateurs, utilisé par toute visioconférence dans Chrome ou Firefox, embarque un contrôle automatique de gain qui écrit directement dans le volume du périphérique. Une visio le matin peut vous laisser un micro à 40 % l'après-midi. Relisez pactl get-source-volume @DEFAULT_SOURCE@ avant chaque enregistrement.

Le pointeur de souris est capturé par défaut. Une source de capture d'écran reproduit fidèlement ce que vous voyez, flèche comprise. Elle reste alors visible pendant toute la vidéo, et bouge au moindre contact avec le pavé tactile. Décochez Afficher le curseur dans les propriétés de la source.

Une webcam capturée par sa fenêtre vous enferme dans sa taille. Si vous filmez la fenêtre d'une application qui affiche la caméra plutôt que la caméra elle-même, OBS ne reçoit que les pixels affichés à l'écran. L'image reste nette tant que l'incrustation garde cette taille, mais vous ne pourrez jamais l'agrandir ni changer de cadrage sans perte. Une source Périphérique de capture vidéo (V4L2) reçoit le flux natif de la caméra. Si le 1080p n'y est proposé qu'en MJPEG, choisissez MJPEG : le format YUYV plafonne souvent à quelques images par seconde faute de bande passante USB.

L'encodeur logiciel reste une solution de repli. Sur cette machine, x264 en préréglage veryfast encode environ sept fois plus vite que le temps réel sur des diapositives peu animées, avec une meilleure efficacité de compression que l'encodeur matériel. Il n'a d'intérêt que si vous cherchez des masters plus compacts, et il consomme un processeur que vous préférerez sans doute laisser libre pendant l'enregistrement.